Cet entretien avec Omar Sow est un objet rare. On y rencontre un homme qui a hérité d'un empire et qui, au lieu de s'en réjouir, en parle comme d'une mission. Un homme qui admet, devant la caméra et sans détour : « Je fais un métier que je n'aime pas. » Et qui pourtant, le fait avec une rigueur totale depuis le 28 septembre 1987.
Omar n'est pas le cliché du self-made man qui invente sa voie. Il est le fils aîné qui, à la différence de son frère Yerim parti créer son propre empire, a choisi de porter celui de son père. C'est une forme d'héroïsme différente : pas celle de la rupture, mais celle de la continuité. Pas celle de l'ambition personnelle, mais celle du devoir de transmission.
Le message final tient en une tension : on n'a pas besoin d'aimer ce qu'on fait — il faut honorer ce qu'on fait. Le devoir peut devenir une forme de liberté, à condition de le choisir consciemment. L'héritage n'est pas un luxe, c'est une responsabilité. Et la réussite ne se mesure pas en milliards, mais en vies touchées, en mains tendues, en codes transmis.
Source : Afrofeeling — Interview d'Omar Sow, Président de la CSE, fils d'Aliou Sow. YouTube, 22 mai 2025.